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1968 - 20ème Championnat du monde à Turin

     
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1968 - 20ème Championnat du monde à Turin

Le 20ᵉ championnat du monde disputé à Turin en 1968 restera comme le plus houleux de l’histoire.
La France aligne en quadrette numéro une les quatre meilleurs joueurs nationaux du moment : Cheviet – Oliver – Bouvet – Imbert.
La première phase de poule se déroule à merveille : deux victoires et un Maestro impérial, affichant 90 % de moyenne au tir.
Les hasards du tirage au sort accouchent ensuite d’une poule de la « mort » pour la seconde phase. Les deux formations italiennes et françaises se retrouvent ensemble. La team one des Bleus remporte une partie sur deux et doit donc passer par les barrages face à la redoutable squadra Maccoco – Sturla – Andreoli – Gaggero.
En ce samedi 29 septembre 1968, le Palais des sports de Turin est plein à craquer avec 6 000 spectateurs. En avant pour une vraie dramaturgie dont le sport aime à se souvenir…
Les Tricolores démarrent fort. Ils mènent 7 à 3 après 5 mènes. Le Maestro est à 100 %, avec 5/5 au tir et 5/5 au point.
La 6ᵉ mène va marquer le début de la « bronca » turinoise. L’ambiance chauffe dans les gradins, les tifosi sont agités, très agités même… Cheviet se prépare au tir. C’est alors un vrai brouhaha dans le stade. Bibi s’élance… et, hélas, premier trou de sa part. Un déluge d’applaudissements surgit alors de la foule. +2 pour l’Italie : le score passe à 7 à 5.
Dès lors, chaque boule jouée par les Tricolores est accompagnée d’un bruit assourdissant destiné à les déconcentrer, et d’acclamations pour saluer leurs échecs. La foule italienne est déchaînée… L'Italie revient à 7 à 7, puis la France se détache de nouveau : 11-7. Imbert tente une annulation, mais le but ne se perd pas. L’Italie engrange 4 points et recolle à 11 partout.
Le public ne cesse de se montrer antisportif. Imbert demande même du calme, mais rien n’y fait. Sturla annule de belle manière pour éviter la défaite. Puis, sous un climat toujours plus hostile, le Maestro échoue sur le but. C’est terminé : l’Italie remporte 13-11 la rencontre internationale la plus houleuse de tous les temps.
Maccoco remportera le titre face à Granaglia le lendemain. Andreoli sera consacré meilleur joueur du championnat : il fut effectivement au-dessus du lot durant ce Mondial.
L’histoire retiendra aussi que le vice-président de la FIB, M. Malissard, et le sélectionneur français, M. Chapurlat, demandèrent officiellement qu’une annonce soit faite durant la partie pour calmer les spectateurs, ce qui ne fut pas fait. Les dirigeants français décidèrent de ne pas assister à la journée finale, puis annoncèrent que plus aucun joueur français n’irait jouer outre Alpes jusqu’à nouvel ordre.
Je vous laisse admirer ces cinq minutes de vidéo collector. On y voit exceller des joueurs d’exception. Les huit protagonistes apparaissent tour à tour. Ces images sont magiques, et la musique qui les accompagne ajoute encore un peu plus de dramatique à l’instant… ce devait être fabuleux de vivre ce moment en tribune !
Un détail parmi tant d’autres : on y voit le Maestro avoir ce geste qui le caractérisait lorsque ça bouillait en lui. Après la partie, en retrait de ses coéquipiers, il évacue la déception et la rage en frappant ses boules l’une contre l’autre… Le Maître « boue », il est déjà sur les coups d’après. Sa revanche sera totale : il reviendra quatre ans plus tard évoluer en Italie, à Turin, et dominera les débats haut la main durant 3 ans sur les terres italiennes. Sa meilleure réponse se fera sur le terrain.

     
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