Histoire du Sport-Boules Saintes depuis 1925
1994 - Finale du Béraudier
entre la CRO et l'Italie
Publication Facebook de Christophe Cheviet du 04-01-2026
Maestro un jour, Maestro toujours – Le Trophée Béraudier… la Légende !
S’il n’y a bien aucun débat, c’est sur celui de la plus grande compétition en double de tous les temps : le Béraudier.
C’est très simple : j’aimais Noël pour cette fête, mais aussi parce que le Béraudier pointait le bout de son nez. J’ai suivi une quinzaine d’éditions et je me suis régalé systématiquement. Tout était grandiose : un boulodrome iconique, les meilleurs joueurs du monde, une ambiance unique, des parties d’anthologie en pagaille… la boule que j’aime !
Alors, pour débuter l’année 2026, je vous fais le plus beau des cadeaux : 7 minutes 17 secondes pile, extraites de la finale mythique de 1994 entre la CRO et l’Italie.
Nous avions filmé l’intégralité de l’événement avec mon frère, à tour de rôle, puis nous avions réalisé ensemble un montage de 1h20. Magique !
La légende du Béraudier s’est écrite à travers des récits comme celui de cette finale anthologique.
Bernard Desprat, à un niveau de jeu fulgurant.
Xavier Majorel, à peine âgé de 23 ans, qui claque du Majo avec un triage carreau !
D’Agostini, le monstre italien des années 90, une machine à taper.
Et puis deux légendes… Bernard Cheviet et Nicola Sturla : si vous devez former les deux quadrettes les plus fortes de l’histoire, alors vous les mettez chacun dans l’une d’elles.
L’Italien sera monstrueux dans cette finale, faisant notamment 10 sur 12 au tir comme pointeur, avec une mène à 6/6 et deux autres à 5/6 pour la doublette transalpine.
Cette édition 1994 fut d’un niveau hors du commun, avec des moyennes de tir époustouflantes :
Gerland à 64/70 (91 %),
D’Agostini à 90 sur 101 (dont 58 sur 60 le dimanche…),
Noharet à 51 sur 61 (84 %),
Et trois autres joueurs à plus de 80 %…
Quel festival !
Et le Maestro ? Il réalise la moyenne de 93 %, avec son 14 sur 15 au tir.
Je vous laisse admirer les images. Observez bien le Maestro, qui, en une finale, a montré toute l’étendue de son talent et surtout de son art.
Car exceller dans le sport-boules, ce n’est pas uniquement bien pointer et taper, c’est aussi maîtriser absolument tout de cet art.
En quelques mots, le Maestro :
– 1ère mène : PAN, 5/5 pour la CRO dont un carreau du Maestro.
– 2ème mène : Bibi au but… et là, écoutez les « Oh… », puis regardez bien le Maestro. Un ami à moi a vu les images en exclusivité et a réagi ainsi :
« Ton père qui ne bouge pas une oreille, même pas il bouche le trou, il va ramasser sa boule au fond du jeu… le flegme anglais !!! »
– 3ème mène : émerveillé par le carreau de Majo.
– 4ème mène : l’art de la prise au chaud.
Puis cette annulation, sans quoi tout était fini.
Ou encore ce positionnement à 50 cm devant le but, quand Desprat pointe, pour insister sur son souhait qu’il laisse sa boule devant le but.
Les nerfs d’acier pour reprendre de sa dernière et revenir à 9–10 au score.
Enfin, dans la dernière mène, après le trou de Sturla, ce coup d’intox : effacer la marque du cinquante au sol pour pousser Sturla au point… mais le vieux briscard italien ne tombera pas dans le piège. Eh oui, le Maestro aurait préféré que l’Italien pointe, afin d’espérer faire le carreau de la gagne en cas de reprise.
Voilà pourquoi je me suis tant régalé durant des années à scruter le moindre détail d’un jeu de boules. Et quand c’est le Maître que vous regardez, c’est un conte féérique que vous feuilletez.
Et pour ce qui est de la mène supplémentaire à but fixe de cette finale, il faudra patienter pour la voir en vidéo. Logique je ne peux pas tout vous dévoiler d'un coup. Vous pouvez toujours lire le passage dans le livre. Et je vous laisse imaginer combien c’est fou de le voir en images !
Trophée Béraudier Ascul 1994 – Finale
Sturla-D’Agostini (Italie) battent Cheviet-Majorel puis Desprat 11 à 10 (0-1/3-1/3-1/3-4/5-4/6-4/9-4/9-6/9-8/9-8/10-8/10-9/10-10/11-10).
Moyennes de tir : D’Agostini 26/27 (1b 4c), Sturla 10/12, Majorel 12/18, Cheviet 11/12 (2b 2c).